Les 11 points communs entre Tuberculose et Covid19

L’agent pathogène SARS-CoV-2 est un nouveau coronavirus découvert récemment et il est responsable de la maladie à coronavirus 2019 (ou la COVID-19).
La TUBERCULOSE (TB) est causée par une bactérie, Mycobacterium tuberculosis, découverte en 1882 par le Dr Robert Koch, même si l’on sait que cette maladie affecte l’être humain depuis des milliers d’années

COVID-19 et TB: foire aux questions.pdf (Version française, 25 mars 2020 © www.theunion.org).

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1 – Quels sont les points communs entre la COVID-19 et la Tuberculose?

La tuberculose se transmet par voie aérienne, ce qui signifie qu’elle peut infecter l’être humain par inhalation. Le bacille de la tuberculose, ou bacille de Koch, peut survivre dans l’air pendant 6 heures maximum, mais sa concentration diminue par la circulation de l’air (fenêtres ouvertes, espaces bien ventilés) et l’exposition directe à la lumière du soleil, qui peut le tuer. L’inhalation du bacille de Koch pouvant entraîner une infection, être en contact rapproché avec une personne qui souffre de la tuberculose et qui présente notamment des symptômes tels quel la toux augmente le risque d’infection.

Il a été établi que le SARS-CoV-2 se propage par gouttelettes respiratoires et non par voie aérienne. Lorsqu’une personne tousse ou éternue, les gouttelettes respiratoires contenant le SARS-CoV-2 se diffusent aussitôt dans l’air. La transmission infectieuse peut donc s’effectuer de deux manières : en inhalant le virus contenu dans des gouttelettes respiratoires projetées dans l’air, ou en touchant des surfaces sur lesquelles des gouttelettes infectées se sont déposées. Les données dont nous disposons indiquent que le SARS-CoV-2 peut survivre sur des surfaces pendant quelques heures. C’est la raison pour laquelle l’accent a été mis sur le lavage des mains, qui permet d’éliminer le virus si l’on a touché une surface infectée. C’est aussi pourquoi on recommande aux personnes de se toucher au minimum le visage, en particulier la bouche, le nez et les yeux, qui peuvent servir de point d’entrée pour le reste de l’organisme.

Pour mesurer la contagiosité d’un agent pathogène, on se réfère habituellement à son taux de reproduction (R0) qui décrit la transmission d’une maladie infectieuse. La valeur R indique à combien d’autres personnes un individu infecté peut transmettre la maladie.

Si de nouvelles données relatives au SARS-CoV-2 continuent d’être collectées, les premiers éléments indiquent que le taux de reproduction de base (R0) est de 2,2. Cela signifie que chaque personne porteuse du COVID-19 peut transmettre l’infection à 2,2 autres individus en moyenne. Le R0 de la TB (tuberculose) dans les pays les moins touchés peut être inférieur à 1, ce qui laisse peu de chances de contaminer les autres. Mais dans les pays et régions à faible revenu et à forte prévalence de tuberculose, le R0 a pu atteindre 4,3 (Chine, 2012) et 3,55 (sud de l’Inde, 2004 à 2006). Le R0 de la tuberculose est variable car il dépend également d’autres facteurs tels que les conditions environnementales et la santé de la population. Ainsi, le R0 de la tuberculose est plus élevé dans les régions les plus touchées par la tuberculose, la promiscuité et des facteurs de risque comme la malnutrition et le VIH.

Une fois qu’une personne a inhalé le bacille de Koch, plusieurs variables peuvent influer sur le risque d’entraîner l’infection tuberculeuse puis l’évolution vers la maladie proprement dite. Il s’agit des facteurs suivants :

  • l’âge (les jeunes enfants de moins de cinq ans et les personnes de plus de 60 ans sont plus touchés),
  • l’immunosuppression due par exemple au VIH ou à une grave malnutrition,
  • l’existence de comorbidités, comme le diabète,
  • le tabagisme ou une forte consommation d’alcool.

Ces variables peuvent augmenter le risque de contracter une forme grave de tuberculose et accroître les risques de complications, voire de décès, lors du traitement.

Concernant le COVID-19, le risque de développer la maladie n’est pas encore connu avec certitude, mais les données actuelles suggèrent que l’âge avancé et les comorbidités, telles que l’hypertension, le diabète et les maladies coronariennes sont d’importants facteurs de risque pouvant diminuer les chances de guérison. On ne sait pas encore avec certitude si des comorbidités respiratoires comme la tuberculose ou d’autres infections comme le VIH peuvent aggraver la COVID-19 en cas d’infection par le SARS-CoV-2, mais il est de plus en plus avéré que les antécédents respiratoires chroniques entravent le traitement du COVID-19

Le COVID-19 et la tuberculose entraînent tous deux des symptômes respiratoires – notamment la toux et l’essoufflement. Tous deux provoquent fièvre et fatigue. L’une des principales différences est la vitesse d’apparition des symptômes. Ceux de la tuberculose n’apparaissent pas immédiatement après l’infection, mais progressivement, souvent après une période de plusieurs semaines ou plus, au contraire de la COVID-19, dont les symptômes se ressentent au bout de quelques jours.

Avec la tuberculose, il y a généralement une période pendant laquelle la personne est en bonne santé et ne contamine pas les autres, bien que la bactérie soit présente dans son organisme. Cette période correspond au stade de l’infection tuberculeuse (encore appelée tuberculose latente), susceptible d’évoluer ensuite vers la tuberculose maladie. Ainsi, une personne inhalant le bacille de Koch peut : tomber malade au bout de quelques
semaines (notamment en raison d’un système immunitaire affaibli) ; tomber malade au bout de plusieurs années lorsque le système immunitaire affaibli ne peut plus combattre l’infection ; ou rester infectée sans jamais tomber malade. (Pour en savoir plus sur l’infection tuberculeuse, L’Union propose un cours en ligne en libre accès en
anglais, bientôt disponible en français et en espagnol).

À l’heure actuelle, les symptômes du COVID-19 peuvent apparaître entre 2 et 14 jours après l’infection (s’ils apparaissent), avec une période d’incubation moyenne de 5 jours, comme pour le SRAS. On ignore pour l’instant s’il y a une période de latence pour le SARS-CoV-2.


Comparaison entre la TuBerculose et la COVID-19

Maladie
Tuberculose
COVID-19
Mode de propagation
Par voie aérienne.
Par gouttelettes respiratoires.
Mode de dépistage
Échantillons d’expectoration sur les personnes qui toussent.
Autres échantillons en fonction des symptômes.
Prélèvement de cellules nasales et/ou échantillons d’expectoration.
Agent pathogène
Complexe Mycobacterium tuberculosis.
SARS-CoV-2 (Severe
acute respiratory syndrome coronavirus 2).
Contagiosité
De moins d’une personne à 4 personnes infectées par malade de la TB.
2,2 personnes infectées en moyenne par malade de la COVID-19 d’après les chiffres actuels.
Mesures de prévention
Traitement préventif de la TB pour les sujets contacts et bonnes mesures d’hygiène respiratoire.
Distanciation sociale, bonnes mesures d’hygiène respiratoire et lavage des mains au savon pendant au moins 20 secondes.
Traitement
Antibiotiques. TB pharmacosensible : 4 antibiotiques pendant 6 mois. TB pharmacorésistante: antibiotiques pendant 9 à 24 mois.
Traitements symptomatiques
actuellement. Nombreux essais cliniques en cours.
Vaccin
Le BCG a une efficacité, en particulier sur les enfants de moins de 5 ans
Aucun
Comparaison entre la TB (TuBerculose) et la COVID-19

2 – Quel est le taux de mortalité de la COVID-19 comparé à la Tuberculose?

Les données disponibles sur le COVID-19 évoluent chaque jour (voir le tableau de bord de l’OMS pour les chiffres en temps réel), et le nombre de décès dus à la maladie augmente chaque jour. Environ 1,5 million de personnes ont succombé à la tuberculose en 2018, dont plus de 250 000 personnes séropositives. Le nombre de décès quotidiens dus à la TB s’élève donc à plus de 4 000.

Le taux de mortalité détermine la fréquence de décès au sein d’une population donnée et dans un intervalle donné. Avec une maladie récente comme la Covid19, de nombreux facteurs font que les taux de mortalité ne sont pas fiables à ce stade. Il se peut que les taux de mortalité estimés pour la Covid19 soient imprécis car on ignore le nombre exact de cas. Cela est dû aux cas non signalés et aux personnes non dépistées car présentant des symptômes discrets ou minimes. Autant de personnes non comptabilisées dans le nombre total de cas confirmés, ce qui complique le calcul des taux de mortalité. Selon certaines estimations, les taux de mortalité pour la Covid19 s’établissent entre 1,5 et 20 %, 20 % étant le taux maximal estimé pour le foyer de l’épidémie à Wuhan (Chine). La tuberculose non traitée présente quant à elle un taux de mortalité moyen de 45 %. Toutefois, la tuberculose n’est pas seulement évitable mais guérissable, et le taux de guérison global établi par l’OMS pour les personnes ayant entamé un traitement antituberculeux en 2018 s’élevait à 85 %. 

Techniquement, la tuberculose est donc plus mortelle que la Covid19, même s’il faut tenir compte d’autres facteurs de risque, notamment l’âge, le statut sérologique et la qualité du système immunitaire. Le taux de mortalité des personnes ayant développé une tuberculose active non traitée est bien plus élevé que pour les projections les plus hautes de la Covid19. C’est pourquoi il est essentiel de prévenir et de traiter la tuberculose. L’avantage avec la tuberculose est qu’il existe des traitements efficaces, y compris contre les formes de tuberculose pharmacorésistante. Il existe également des traitements de l’infection tuberculeuse qui permettent d’éviter aux personnes infectées de développer la tuberculose maladie. 

Il n’y a pas encore de consensus sur la co-infection tuberculose et Covid19, mais il est possible que les deux maladies puissent accentuer réciproquement leurs symptômes naturels et avoir des conséquences négatives sur la santé des personnes. 


3. Je prends un traitement antituberculeux. Y a-t-il des conseils ou recommandations à suivre pour savoir ce que doit faire une personne sous traitement antituberculeux en cas d’infection par la Covid19? 

Il n’existe pas à l’heure actuelle de traitement pour guérir de la Covid19, et cette maladie se soigne actuellement en soulageant les symptômes. Un essai thérapeutique de grande ampleur, baptisé SOLIDARITY, permettra peut-être d’en savoir plus sur les traitements disponibles pour soigner la Covid19, et de nombreux autres essais cliniques sont menés en parallèle. Il n’existe actuellement aucun vaccin pour se protéger de la Covid19. 

Si vous ressentez de légers symptômes apparentés à ceux de la Covid19, il est important de continuer à suivre votre traitement antituberculeux pour guérir totalement de votre maladie. Il n’existe actuellement aucune preuve selon laquelle les médicaments antituberculeux augmenteraient le risque de développer le COVID- 19. 

En cas de diagnostic positif au Covid19, informez votre prestataire de santé que vous suivez un traitement antituberculeux et prévenez votre centre de soins de la tuberculose. Si vous entamez un traitement contre la Covid19, votre prestataire de santé peut procéder à des vérifications pour s’assurer qu’il n’y a pas de conflit avec d’autres médicaments. 


4. Quels sont les symptômes spécifiques permettant de savoir si je souffre de la tuberculose ou de la Covid19, compte tenu de leurs similitudes? 

Comme évoqué plus haut, les symptômes de la Covid19 peuvent être similaires à ceux de la tuberculose, avec notamment de la fièvre, de la toux et un essoufflement, mais la différence réside dans la vitesse d’apparition des symptômes. Les symptômes de la Covid19 n’ont pu apparaître que récemment. 

Si vous entrez en contact avec un porteur avéré de la tuberculose ou de la Covid19, cela augmente vos chances de contracter cette maladie. De plus, si vous avez voyagé dans une région où les taux de tuberculose ou de Covid19 sont élevés, cette information peut aider votre prestataire de santé à déterminer la cause de vos symptômes. 

Si vous vous sentez mal, que vous présentez les symptômes ci-dessus, que vous connaissez une personne positive à la tuberculose ou au Covid19, que vous avez voyagé dans une région particulièrement touchée par ces maladies et/ou que vous présentez des facteurs de risque pour l’une ou l’autre d’entre elles, comme indiqué ci-dessus, il est important que vous fassiez un dépistage à la fois pour la tuberculose et la Covid19. Lorsque vous vous rendez dans votre centre de soins, informez le personnel soignant de vos symptômes et de tout facteur de risque potentiel pour la tuberculose ou la Covid19. Cela aidera les soignants à appliquer les bonnes mesures de prévention et de contrôle des infections en attendant le diagnostic. (La prévention de l’infection ou le contrôle de l’infection permettent d’empêcher les infections de se propager. Cela renvoie à des gestes tels que le lavage de mains, la distanciation avec des personnes malades et le port d’accessoires comme des masques ou des gants.) 

Les tests de dépistage de la tuberculose consistent habituellement à analyser des échantillons d’expectorations afin d’isoler la bactérie de la maladie. Les tests de la Covid19 consistent soit à prélever des cellules nasales profondes à l’aide d’un écouvillon, soit à analyser des échantillons d’expectoration. En cas de symptômes respiratoires, une radiographie des poumons peut être prescrite pour affiner le diagnostic ou déterminer la gravité de la maladie. 

Dans les pays à forte incidence de tuberculose, il est essentiel que la population continue de bénéficier de tests de dépistage de la tuberculose parallèlement aux tests conduits pour le SARS-CoV-2 conformément aux directives nationales. 


5. J’ai guéri de la tuberculose. Ai-je plus de risques de contracter la Covid19? 

la Covid19 étant une maladie très récente, il n’existe pas de données permettant de savoir si les anciens patients de la tuberculose sont plus susceptibles de connaître des complications. Toutefois, la Covid19 s’attaque aux poumons, et nous savons que la tuberculose laisse généralement des séquelles dans les poumons, ce qui peut favoriser le risque de développer des formes plus graves de Covid19. 

Les personnes qui ont déjà eu la tuberculose, en particulier celles qui ont subi une opération des poumons ou qui ont souffert d’une maladie respiratoire consécutive à la tuberculose, devraient envisager de limiter leur exposition aux environnements à haut risque. Cela dépend de la situation sanitaire de votre pays et du risque que la Covid19 

puisse circuler parmi votre entourage. Voici les mesures de protection essentielles contre la Covid19

  • Se laver fréquemment les mains avec une solution hydroalcoolique ou à l’eau et au savon.
  • Distanciation sociale – Maintenir une distance d’au moins 1 mètre avec les autres personnes, en particulier si elles toussent ou éternuent. 
  • Respecter les règles d’hygiène respiratoire en se couvrant la bouche et le nez avec le pli du coude ou avec un mouchoir en cas de toux ou d’éternuement, puis jeter le mouchoir immédiatement. 
  • Éviter de se toucher les yeux, le nez et la bouche. 

Outre le lavage régulier des mains, le nettoyage régulier des surfaces et la distanciation sociale, le maintien d’une bonne santé générale contribue à se protéger du virus. Il a été démontré que le tabagisme (notamment les cigarettes classiques, le vapotage et les cigarettes électroniques) augmente le risque de développer une forme plus grave de Covid19. Si vous consommez des produits du tabac, il est conseillé d’arrêter – cela contribuera non seulement à vous protéger des formes graves de Covid19, mais également à préserver votre santé respiratoire globale et à vous prémunir de la tuberculose. 


6. Dois-je porter un masque? 

Le port du masque constitue un obstacle à la propagation de la tuberculose et de la Covid19, car il empêche leur diffusion dans l’air par les personnes présentant des symptômes, et évite leur inhalation chez les personnes saines exposées à des porteurs. 

Les masques sont employés depuis de nombreuses années dans la prévention et le contrôle de la tuberculose pour réduire le risque de propagation de la maladie parmi la famille des personnes infectées, leur communauté et leurs soignants. Dans la mesure où il existe des traitements efficaces contre la tuberculose, le risque d’infecter les autres diminue rapidement une fois que la personne infectée suit un traitement adapté, et le port du masque s’avère généralement superflu. 

Concernant la Covid19, l’OMS recommande de porter un masque si l’on présente des symptômes, mais n’incite pas les personnes en bonne santé à en porter un de manière générale. En Chine, l’expérience a démontré que le port volontaire du masque chez les personnes en bonne santé et asymptomatiques peut contribuer à freiner la propagation de la Covid19. 

Le port du masque fait partie d’un ensemble de mesures de prévention et de contrôle de l’infection, mais seul, son impact sur la transmission de la tuberculose ou de la Covid19 est minime. Si vous vous trouvez dans une situation à risque ou une zone touchée (par la tuberculose ou la Covid19), le port du masque ajouté à un lavage des mains régulier, à la distanciation sociale et à la vigilance en cas de toux peut contribuer à une protection accrue. 


7. Comment la situation actuelle va-t-elle impacter les programmes de lutte contre la tuberculose? 

Les pays peuvent se référer aux directives relatives à la prise en charge de la tuberculose dans les situations d’urgence pour assurer la continuité des services de lutte contre la maladie. Il est essentiel que les services nationaux de lutte contre la tuberculose soient maintenus et que les patients de la maladie puissent accéder aux services de diagnostic, de traitement et d’accompagnement durant l’épidémie de la Covid19. Compte tenu des conséquences de la Covid19 dans les pays enregistrant une forte augmentation du nombre de cas, la lutte contre la tuberculose peut être impactée de plusieurs façons. 

  • Les personnels des programmes nationaux de lutte contre la tuberculose peuvent être mobilisés au profit de la lutte contre la Covid19, ce qui peut entraîner des manques d’effectifs et une augmentation des charges de travail. 
  • Il est possible que les services de laboratoire et de diagnostic nationaux consacrent leurs activités en priorité au Covid19, ce qui peut retarder les analyses en laboratoire telles que les tests moléculaires rapides et les cultures, ou réduire les possibilités de radiographie des poumons. 
  • Des ruptures de stock de médicaments et des problèmes d’approvisionnement peuvent survenir. L’affaiblissement des réseaux logistiques à l’échelle mondiale et les perturbations observées dans les pays fabriquant des médicaments antituberculeux sont susceptibles de retarder la chaîne d’approvisionnement. En cas de saturation des systèmes de santé ou de sous-effectifs, la gestion des stocks peut être reléguée au second plan. 
  • Les mesures de distanciation sociale et de confinement national peuvent entraver le suivi des traitements et la recherche des sujets contacts. 

Les programmes nationaux de lutte contre la tuberculose, l’OMS, les donateurs et les partenaires d’exécution doivent travailler en concertation pour planifier ces risques et déployer des stratégies adaptées à cet effet. 

L’OMS a publié la note d’information suivante relative aux services de soins de la tuberculose et de la Covid19 (en anglais)


8. Dois-je constituer des stocks de médicaments antituberculeux? 

L’approvisionnement mondial de médicaments suscite des inquiétudes. À l’heure actuelle, aucun médicament antituberculeux de première ligne n’est utilisé dans la prise en charge de la Covid19, et il n’est aucunement prévu de prescrire ces médicaments aux personnes atteintes de la Covid19. Les pays les plus touchés par la tuberculose doivent renforcer leur système de gestion des approvisionnements pour garantir la fourniture des médicaments antituberculeux, et commander des nouveaux médicaments en temps utile pour éviter les ruptures de stock. Les agences internationales d’approvisionnement, à l’image du Global Drug Facility (GDF) du Partenariat Halte à la tuberculose, travaillent avec les États pour veiller à ce que les chaînes d’approvisionnement en antituberculeux ne soient pas impactées. 

Si vous êtes sous traitement antituberculeux, vous devez continuer à prendre vos médicaments en respectant votre prescription et maintenir vos rendez-vous avec votre prestataire de soins pour renouveler votre prescription. Vu l’évolution rapide de l’épidémie de la Covid19, il serait utile d’évoquer, lors de votre prochain rendez-vous avec votre prestataire de soins, l’opportunité d’anticiper le renouvellement de votre prescription dans l’hypothèse où des mesures nationales de confinement sont mises en place. 


9. Quelles alternatives s’offrent pour permettre aux personnes sous traitement antituberculeux de continuer à bénéficier de l’accompagnement et de la supervision nécessaires si le traitement directement observé (TDO) est limité en raison des mesures de distanciation sociale et de confinement national? 

La distanciation sociale est une mesure appliquée par les autorités sanitaires pour endiguer ou stopper la propagation d’une maladie, notamment pour permettre aux systèmes de santé de continuer à assurer les soins indispensables aux personnes souffrantes. Concernant la distanciation sociale, il est conseillé de maintenir une distance d’au moins un mètre avec les autres personnes afin de limiter la propagation de la Covid19, ce qui a conduit de nombreux pays dans le monde entier à annuler des événements et rassemblements de grande ampleur. 

Dans beaucoup de programmes de lutte contre la tuberculose, l’observation quotidienne des patients sous traitement fait partie intégrante du schéma thérapeutique. Lorsque l’observation quotidienne du traitement est appliquée, celle-ci doit servir non seulement à contrôler le respect du traitement, mais aussi à constater les éventuels effets secondaires ou problèmes liés au traitement et à offrir un accompagnement à la personne atteinte de tuberculose. 

Alors que la Covid19 continue de se propager, il faudra peut-être reconsidérer les modèles de soin qui mettent les soignants en contact rapproché régulier avec les patients, notamment si des mesures de confinement national sont adoptées. Il existe des alternatives au TDO, telles que le traitement auto-administré qui prévoit un accompagnement par des plateformes numériques de traitement par vidéosurveillance et d’autres dispositifs mobiles comme 99DOTS. Il est de plus en plus avéré que ces alternatives, lorsqu’elles sont intégrées à un ensemble de soins complet, peuvent obtenir les mêmes résultats que le TDO et constituent souvent une approche thérapeutique davantage centrée sur le patient. Bien que la mise en œuvre de ces systèmes soit parfois longue et nécessite l’utilisation de technologies numériques/mobiles, les programmes de lutte contre la tuberculose avec un grand nombre de personnes sous TDO devraient examiner les options rapidement applicables, notamment en privilégiant le TDO pour les malades ayant besoin d’un accompagnement plus soutenu et en faisant passer la majorité des autres patients sous traitement auto-administré. 

Dans l’éventualité où le TDO devait être suspendu précipitamment à la suite de mesures de confinement national, il est essentiel que les programmes nationaux de lutte contre la tuberculose prévoient un dispositif permettant de continuer à accompagner les personnes sous traitement antituberculeux, pour veiller à ce que les effets secondaires des médicaments puissent être soulagés et soutenir les personnes en difficulté sociale ou psychologique. 


10. On lit beaucoup de choses sur de nouveaux traitements et de nouvelles façons de se protéger contre la Covid19. Comment démêler le vrai du faux?

Le SARS-CoV-2 est un virus extrêmement récent et nous apprenons tous les jours de nouvelles choses sur son mode de propagation, les moyens de s’en protéger et les traitements préventifs et thérapeutiques potentiels. La meilleure façon de vérifier les informations que vous lisez ou qui sont partagées est de consulter des sites Internet fiables. L’OMS met à jour quotidiennement son site avec des informations sur tous les aspects relatifs au Covid19. Le site des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies aux États-Unis propose également des informations régulièrement actualisées sur la Covid19 (en anglais). Ces sites web sont des sources fiables concernant l’état actuel des connaissances sur la Covid19. 


11. Comment puis-je réduire la stigmatisation liée à la Covid19 et à d’autres maladies transmissibles? 

Notre expérience de la tuberculose nous a enseigné les conséquences de la stigmatisation sur les personnes malades ou à risque, ainsi que l’importance du langage que nous utilisons pour décrire la tuberculose. Nous avons constaté l’usage d’un même langage stigmatisant, notamment par les médias, lorsqu’il s’agit de parler des personnes atteintes de la Covid19. Il est important que nous tenions compte des Considérations liées à la santé mentale et au soutien psychosocial publiées par l’OMS, qui reflètent bon nombre des leçons apprises dans le domaine de la tuberculose afin de réduire la stigmatisation des personnes touchées par la Covid19. 

La stigmatisation peut être l’un des plus grands obstacles à la prévention, au traitement et au soin des personnes qui en ont le plus besoin, et peut avoir des conséquences négatives sur les personnes atteintes de la maladie, ainsi que sur leurs soignants, leur famille, leurs amis et leur communauté. Il est important de désigner le virus par son nom, et non par son lieu d’origine ou par la région initialement touchée par le virus. Le langage centré sur la personne est un langage qui respecte et valorise l’humain, en plaçant la personne avant la maladie. Par exemple, dites « personne atteinte de Covid19 » ou « personne présentant des symptômes de Covid19 » au lieu d’employer des expressions comme « victimes de Covid19 » ou « cas suspects ». Le langage que nous utilisons façonne notre compréhension de la situation, et il est essentiel que nous évitions de blâmer les autres ou d’ostraciser une personne qui pourrait être malade. Lire les directives linguistiques de l’OMS sur la stigmatisation(en anglais) pour en savoir plus.


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