đŸ‘€ Albert Calmette

Albert Calmette est un mĂ©decin et bactĂ©riologiste français, (1863 – 1933). Sa renommĂ©e tient Ă  la mise au point entre 1904 et 1928, avec Camille GuĂ©rin, de la vaccination contre la tuberculose grĂące au BCG.

Albert Calmette
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Biographie

Albert Calmette est co-inventeur avec Camille GuĂ©rin du vaccin B.C.G. (Bacille Calmette GuĂ©rin) destinĂ© Ă  lutter contre la tuberculose. Le BCG ayant sauvĂ© des millions de vie, il est considĂ©rĂ© comme un “bienfaiteur de l’HumanitĂ©â€.

Enfance-Adolescence

Albert Calmette est né le 12 Juillet 1863 à Nice, son pÚre Guillaume Calmette était secrétaire général de la préfecture, une plaque commémorative apposée sur la préfecture rappelle sa naissance.

Sa mĂšre dĂ©cĂ©dĂ©e trĂšs jeune, Albert Calmette va ĂȘtre Ă©levĂ©e ainsi que ses deux frĂšres, Emile, Gaston, par sa belle-mĂšre, Marie Quiney qui les Ă©lĂšve comme ses propres enfants. Ils suivent le parcours prĂ©fectoral de leur pĂšre dans diffĂ©rentes villes de France (Clermont-Ferrand, Brest, St-Brieuc et au lycĂ©e St-Louis Ă  Paris.

 Le jeune Albert est passionnĂ© par les voyages et les dĂ©couvertes et rĂȘve  de voyage et souhaite devenir officier de marine pour assouvir sa passion. Malheureusement, son rĂȘve est brisĂ© par  une violente Ă©pidĂ©mie de fiĂšvre typhoĂŻde, des Ă©lĂšves dĂ©cĂšdent et le petit Albert est gravement malade, il ne peut poursuivre ses Ă©tudes Ă  Brest.

 En 1881, Albert Calmette est rĂ©tabli et intĂšgre l’école navale de Brest oĂč il suit pendant deux ans les cours d’Arnaud Corre, professeur d’anatomie pathologie qui va l’initier Ă  la recherche microscopique. Calmette  restera trĂšs attachĂ© Ă  celui qui lui a donnĂ© le goĂ»t de la recherche. Deux annĂ©es plus tard, Albert Calmette est reçu 8Ăšme sur 20, et devient aide-mĂ©decin Ă  l’ñge de 20 ans.

Aide-MĂ©decin de Marine

En 1883, Albert Calmette est donc mĂ©decin assistant du service de la santĂ© de marine, il est admis Ă  l’escadre de l’amiral Courbet sur le transport « Mytho Â». En 1884, en baie de Hong Kong, l’aide-mĂ©decin incorpore la corvette cuirassĂ©e « La Triomphante Â» composĂ©e de 367 hommes d’équipage. L’aide-mĂ©decin Calmette va vivre 13 mois sur ce navire qui est chargĂ© entre autre de surveiller les cĂŽtes de la Chine du Sud (entre Hong Kong et et le golfe de Tche Li). A Hong Kong, il fait la rencontre du docteur Patrick Manson qui a dĂ©couvert en 1878, la pĂ©riodicitĂ© de la filaire qui comprend le rĂŽle des moustiques dans la transmission de ce parasite. Cette rencontre dĂ©terminera son destin. Albert Calmette participera Ă  diffĂ©rentes batailles Ă  Kelung, Tansui,  dĂ©couvrira pour la premiĂšre fois la ville de Saigon, le 9 juin 1885, la paix est conclue, c’est le traitĂ© de Tien Sin. Calmette rentre en France.

Albert Calmette

A son retour, il reprend ses Ă©tudes et soutient sa thĂšse de doctorat de mĂ©decine en 1886 sur « Etude sur l’Étiologie et la PathogĂ©nie des maladies tropicales attribuĂ©es Ă  la filaire du sang humain Â». Ce travail avait Ă©tĂ© prĂ©parĂ© durant ses loisirs Ă  Hong Kong auprĂšs du Docteur Manson et sera suivi par le Docteur Corre. En France il retrouve sa famille, ses frĂšres et le 15 juillet 1886, Albert Calmette est promu mĂ©decin de 2Ăšme classe de la marine.

Le 1er septembre, il part de Brest sur « l’AriĂšge Â» pour dĂ©barquer Ă  Libreville au Congo oĂč  il devient mĂ©decin chef de l’hĂŽpital de Libreville. Durant son passage en Afrique, Calmette Ă©tudiera la maladie de sommeil et dĂ©couvre les problĂšmes que posent la colonisation et ses divers aspects, comme la malaria qui frappait inexorablement tout nouveau dĂ©barquĂ©.

C’est dans ce voyage, que le jeune mĂ©decin se rĂ©vĂšle un hygiĂ©niste. AprĂšs 18 mois passĂ©s au Congo, il rejoint la France et celle dont il Ă©tait tombĂ© amoureux, lors de son prĂ©cĂ©dent sĂ©jour en Bretagne, qui s’appelle Emilie de la Salle.

Mariage avec Emilie de la Salle

Albert et Emilie

Calmette revient donc en France le 10 dĂ©cembre 1887 oĂč il retrouve, Emile De La Salle, qui habite Lamballe. Le 11 janvier 1888, Albert Calmette Ă©pouse sa bien aimĂ©e et  l’accompagnera toute sa vie durant.

Le 3 mars 1887, Terre-Neuve et St-Pierre et Miquelon ont besoin d’un mĂ©decin et le 3 mars 1888, Albert et Emilie Calmette embarquent sur le « Drac Â» pour arriver  sur l’archipel de St-Pierre et Miquelon le 22 avril 1888, oĂč ils sĂ©journeront 3 ans et Calmette Ă©tudiera Ă  l’hĂŽpital maritime la maladie de la morue. Il conduit des recherches expĂ©rimentales sur le rouge de la morue, dĂ©montrant que l’affection est transmise par le sel utilisĂ© pour la conservation du poisson. Il Ă©radiquera cette Ă©pidĂ©mie qui touchait le secteur de la pĂȘche trĂšs important sur l’üle.

CrĂ©ation du Premier Institut Pasteur d’Outre-Mer

Louis Pasteur

Le couple Calmette revient en France en 1890, Albert Calmette suit les cours de microbiologie de l’assistant de Louis Pasteur (1822-1895), Emile Roux (1853-1933) comme stagiaire.Il est gagnĂ© par la passion de la recherche. Calmette demande Ă  la direction du corps de la santĂ© des troupes coloniales, auquel dĂ©sormais il appartient l’autorisation de travailler pour l’Institut Pasteur qui venait d’ĂȘtre crĂ©Ă©, deux ans auparavant.

Suite Ă  une demande du ministre des colonies, EugĂšne Etienne, Louis Pasteur qui apprĂ©cie Calmette, le nomme pour fonder et crĂ©er un centre de production de vaccins et un laboratoire de recherches Ă  Saigon. Albert Calmette va ainsi crĂ©er le premier Institut Pasteur d’Outre-Mer Ă  Saigon en 1891, il restera 2 ans. Il mit au point la vaccination contre la variole en fabriquant la vaccine sur des bufflons, pour remplacer la vaccination de bras Ă  bras. Surtout il entreprend de nombreuses Ă©tudes sur les venins de serpents et met en en oeuvre la sĂ©rothĂ©rapie antivenimeuse que Calmette et GuĂ©rin auront l’occasion de tester sur eux-mĂȘmes Ă  la suite de morsure de cobra Ă  Lille en 1901.

Alexandre Yersin
On doit à Yersin la découverte en 1894 du bacille de la peste

Rencontre avec Alexandre Yersin (1863-1943)

En 1890, Calmette rencontre un jeune chercheur suisse aventurier comme lui, Alexandre Yersin. Une solide amitiĂ© se noue entre les deux chercheurs, il se retrouve Ă  Saigon et en 1894, Yersin dĂ©couvre le bacille de la peste et se consacre Ă  la microbiologie et va crĂ©er un Institut Pasteur Ă  Nha Trang qui va fabriquer un sĂ©rum antipesteux. 

Le jeune mĂ©decin chercheur, Calmette a 30 ans, il est considĂ©rĂ© comme un savant estimĂ©, est fait chevalier de la lĂ©gion d’honneur, il trouve une solution avec le ministĂšre des colonies pour ĂȘtre Ă  la disposition de l’Institut Pasteur et va ĂȘtre placĂ© hors cadre des colonies. 

En 1894, l’Institut Pasteur est en plein Ă©panouissement, l’Institut Pasteur comporte un centre de vaccination contre le charbon, il existe des cours de chimie biologique, cours de microbiologie, les dons affluent. Depuis 1888, Pasteur, Chamberland et Roux versent tout le produit de leur vente de vaccins Ă  l’Institut Pasteur, ainsi le budget de l’Institut  est Ă©quilibrĂ©.

CrĂ©ation de l’Institut Pasteur de Lille

Institut Pasteur de Lille

En novembre 1894, Une demande Ă  Louis Pasteur et Ă  Emile Roux d’une dĂ©lĂ©gation du conseil municipal de Lille conduite par le maire GĂ©ry Legrand et des services d’hygiĂšne de la ville  de  crĂ©er  et  d’organiser  Ă   Lille  un  institut  de sĂ©rothĂ©rapie et de recherches.AprĂšs quelques annĂ©es passĂ©es Ă  Paris. Albert Calmette est chargĂ© d’Ă©tudier les conditions matĂ©rielles et financiĂšres de ce projet et s’installe dans un laboratoire provisoire appelĂ©e “ la Halle au Sucre”.

Albert Calmette  va ainsi crĂ©er l’Institut Pasteur de Lille en 1895 qui sera inaugurĂ© en 1899 par Madame Pasteur et ses enfants, il va ainsi s’entourer d’une Ă©quipe de chercheurs.Calmette va passer son temps entre son mĂ©tier de chercheur, de directeur et son nouveau mĂ©tier de bĂątisseur.

Rencontre avec Camille Guérin 1897

Calmette demande Ă  Edmond Nocard (directeur de l’Ecole VĂ©tĂ©rinaire de Maisons-Alfort), un vĂ©tĂ©rinaire qui accepterait de le rejoindre Ă  Lille. C’est tout naturellement que Nocard propose le jeune diplĂŽmĂ© poitevin Camille GuĂ©rin dont il Ă©tait son chef laboratoire. Cette rencontre deviendra une Ă©mouvante et filiale collaboration qui ne finira qu’avec la mort de Calmette.

Le docteur Calmette tenant un microscope

Travaux Scientifiques de Calmette

Albert Calmette est un immense directeur, reconnu dans le monde entier et fait de l’Institut Pasteur, un centre d’enseignements et de recherche trĂšs rĂ©putĂ©. Calmette s’intĂ©resse Ă©galement aux questions d’hygiĂšne, au traitement des eaux usĂ©es, et a la responsabilitĂ© de surveiller les Institut Pasteur d’outre-mer en Asie (SaĂŻgon, Nha-Trang, HanoĂŻ), en Afrique du Nord (Tunis, Alger, Tanger, Casablanca), et en Afrique sub-saharienne (Dakar, Brazzaville, Tananarive).

Travaux sur la tuberculose et la lutte antituberculeuse.

Calmette, Albert LĂ©on

C’est en 1885, que le problĂšme de la lutte scientifique et sociale contre la tuberculose devient pour ce jeune savant, une obsession. En 1899, il est chargĂ© par Le PrĂ©sident du Conseil,Waldeck Rousseau d’un rapport sur la lutte contre la tuberculose.

Calmette va alors imaginer de crĂ©er un dispensaire antituberculeux qu’il conçoit comme un organisme de prĂ©vention et non de traitement. Le dispensaire attirera les travailleurs fatiguĂ©s ou et inquiets, il les examinera, dĂ©tectera les suspects prĂ©cisera leur Ă©tat, A dĂ©faut de sanatorium, ils seront dirigĂ©s vers l’hĂŽpital, il restera au dispensaire Ă  assurer l’éducation hygiĂ©niste de la famille, la dĂ©sinfection des vĂȘtements et des lieux, contrĂŽler l’état de santĂ© des enfants.

Travaux scientifiques

  • 1881 Obtention de son baccalaurĂ©at au LycĂ©e st Louis de Paris
  • 1881-1883 Entre Ă  l’école de mĂ©decine navale de Brest
  • 1883-1885 participe Ă  la campagne de Chine avec l’amiral Courbet
  • 1886-1887 participe Ă  la campagne du Gabon-Congo
  • 1888-1890 sĂ©jour Ă  St-Pierre et Miquelon oĂč il Ă©tudie le Rouge de la Morue
  • 1890 participe au cours de Microbiologie de Emile Roux Ă  l’Institut Pasteur
  • 1891-1894 dĂ©signĂ© par Pasteur, pour fonder le 1er Institut Pasteur d’Outre-Mer Ă  Saigon
  • 1894-1895 il continue ses recherches entreprises Ă  Saigon notamment sur la sĂ©rothĂ©rapie antivenimeuse et participe avec Yersin Ă  la prĂ©paration du sĂ©rum antipesteux.
  • 1895 est nommĂ© par Pasteur et Roux pour fonder l’Institut Pasteur de Lille
  • 1899 inauguration de l’Institut Pasteur de Lille par Madame Pasteur, A Lille, Calmette va s’entourer d’une Ă©quipe dont un vĂ©tĂ©rinaire, Camille GuĂ©rin avec qui il va crĂ©er le B.C.G
  • 1899 Calmette va diriger une mission Ă  Porto pour Ă©radiquer une Ă©pidĂ©mie de peste
  • 1901 Calmette va crĂ©er Ă  Lille, Le Dispensaire Emile Roux qui servira d’exemple pour les autres dispensaires, et parallĂšlement, il va crĂ©er la ligue Du Nord pour rĂ©colter des fonds pour lutter contre la tuberculose
  • 1910 ChargĂ© de mission par le ministĂšre de l’intĂ©rieur et le conseil supĂ©rieur de l’hygiĂšne publique de France pour l’étude de cholĂ©ra de Marseille
  • 1912 devient membre de la sociĂ©tĂ© de biologie
  • 1914-1918 Calmette continue avec ses collaborateurs la fabrication de vaccins et sĂ©rums
  • 1917 devient sous-directeur de l’Institut Pasteur de Paris
  • 1919 rentre Ă  l’AcadĂ©mie de MĂ©decine
  • 1921 Vaccination du 1er enfant par le B.C.G par le professeur Weill-HallĂ©
  • 1927 Albert Calmette entre Ă  l’AcadĂ©mie des Sciences
  • 1931 crĂ©ation du laboratoire du B.C.G Ă  l’Institut Pasteur de Paris
  • 1930-1932 dĂ©cĂšs de 71 enfants en Allemagne Ă  la suite d’une inoculation d’un vaccin B.C.G, le procĂšs dĂ©montrera une erreur de manipulation et innocentera le B.C.G
  • 1933 DĂ©cĂšs de Albert Calmette le 29 octobre 1933 Ă  Paris

L’histoire du vaccin antituberculeux intitulĂ© B.C.G (Bacille BiliĂ© Calmette GuĂ©rin)

En 1903, la sociĂ©tĂ© berlinoise de mĂ©decine interne a repris une idĂ©e de Chauveau qui indiquait que la tuberculose pulmonaire de l’adulte ne se contracte pas par les voies respiratoires mais par voie intestinale survenue pendant le jeune Ăąge. Calmette et GuĂ©rin expĂ©rimentent font ingĂ©rer Ă  des chevaux des cultures de bacilles bovins. Ces bacilles les tuent aprĂšs apparition. AprĂšs diffĂ©rentes Ă©tudes, ils arrivent Ă  la conclusion, que les tuberculoses pulmonaires ne se contractent pas par inhalation mais bien par ingestion de produits bacillifĂšres.  Cette dĂ©couverte a nĂ©cessitĂ© de nombreuses recherches et de patience. A partir de 1903, Camille GuĂ©rin va entreprendre des recherches sur le bacille responsable de la tuberculose, bacille qui porte le nom du Chercheur Allemand, Robert Koch (1843-1910) qui l’a dĂ©couvert en 1882. 

TB dans les expectorations
TB dans les expectorations

Camille GuĂ©rin, vĂ©tĂ©rinaire de formation va alors Ă©tudier le mĂ©canisme de l’infection tuberculeuse chez les bovins. En 1906, Albert Calmette et Camille GuĂ©rin,  Ă©tablissent que l’immunitĂ© antituberculeuse dĂ©pend de la prĂ©sence de quelques bacilles vivants  mais peu virulents dans l’organisme. En 1908, leur direction est claire, il faut crĂ©er artificiellement une souche de bacilles tuberculeux privĂ© de virulence, dont les caractĂ©ristiques doivent ĂȘtre hĂ©rĂ©ditairement fixĂ©es. Ils annoncent la premiĂšre culture de ce qui deviendra le BCG (Bacille BiliĂ© Calmette GuĂ©rin), ils ont en effet trouvĂ© le milieu de culture idĂ©al : la bile de bƓuf. Ainsi une souche virulente d’origine bovine Mycobacterium bovis), provenant de Edmond Nocard, ancien professeur de Camille GuĂ©rin, Ă  l’école vĂ©tĂ©rinaire de Maison-Alfort, va ĂȘtre cultivĂ©e sur de la pomme de terre cuite, dans de la bile de bƓuf glycĂ©rinĂ©e. AprĂšs 25 jours, ils constatent que le bacille perd lĂ©gĂšrement de sa virulence. DĂšs lors, toutes les 3 semaines, Camille GuĂ©rin, rĂ©pĂšte cette opĂ©ration. Lentement le BCG vient au monde. Ainsi, en 1921, au bout de 13 ans et aprĂšs 230 passages ininterrompus sur de la bile de bƓuf, un bacille nouveau dĂ©pourvu de virulence est obtenu. C’est en  1921, que le Docteur Benjamin Weill-HallĂ©, pĂ©diatre des hĂŽpitaux de paris et crĂ©ateur de l’école de puĂ©riculture et son collaborateur Raymond Turpin, vont vacciner le 1iere enfant au BCG Ă  l’hĂŽpital de la charitĂ© de Paris. Ce premier vaccinĂ© est un nouveau nĂ©, choisi pour les conditions particuliĂšres qui menacent sa santĂ©. Sa mĂšre tuberculeuse est dĂ©cĂ©dĂ©e, peu de temps aprĂšs l’accouchement et il devait ĂȘtre Ă©levĂ© par ses grands-parents dont la grand-pĂšre, Ă©tait atteinte de tuberculose. Donc peu de chance que cet enfant Ă©chappe Ă  la contagion. Le 18 Juillet 1921, cet enfant fĂ»t ainsi le 1ier enfant vaccinĂ© du BCG l Ă  l’hĂŽpital de la charitĂ© de Paris. Une plaque de commĂ©moration rappelle cet Ă©vĂ©nement Ă  la facultĂ© de mĂ©decine de Paris Descartes (anciennement HĂŽpital de la CharitĂ©).

A travers cette dĂ©couverte, on peut admirer la patience, la tĂ©nacitĂ© et la bienveillance de Albert Calmette et Camille GuĂ©rin, bienfaiteurs de l’humanitĂ© qui n’ont jamais dĂ©posĂ© de brevet de leur invention car ils souhaitaient offrir le BCG, leur bacille bovin au plus grand nombre pour combattre la tuberculose partout sur la terre. 

Cette dĂ©couverte du vaccin BCG ne masque pas les drames qu’ont vĂ©cu Calmette et GuĂ©rin, la guerre de 14-18, la disparition de Me GuĂ©rin de la tuberculose en 1914, la dĂ©portation de Me Calmette Ă  Holzminden, l’assassinat de Gaston Calmette, Directeur du journal le Figaro, le 16 mars 1914 par Me Henriette Rainouard, qui deviendra la seconde Ă©pouse de Joseph Caillaux, Ministre des Finances qui sera acquittĂ©e avant le dĂ©but des hostilitĂ©s.

AprĂšs la guerre de 14-18, Albert Calmette devient sous-directeur de l’Institut Pasteur de Paris en 1919. A Paris, Calmette s’entoure de collaborateurs nouveaux, et en 1920, il est nommĂ© directeur des instituts pasteur d’outre mer. Entre le 1ier Juillet 1924 et le 1ier juillet 1928, 114 000 enfants sont vaccinĂ©s en France.

L’affaire de Lubeck

Le BCG est dĂ©sormais reconnu et l’Institut Pasteur adresse des souches BCG Ă  ceux qui le demandent. Ainsi en Allemagne, Mr Alstaedt, Directeur de l’office d’hygiĂšne publique de Lubeck demande la souche BCG qu’il cultivera. Au printemps 1930, Calmette et GuĂ©rin apprennent une nouvelle stupĂ©fiante, le dĂ©cĂšs de 71 enfants sur les 252 enfants vaccinĂ©s par le BCG et 71 enfants sont tombĂ©s malades Ă  Lubeck. Toute la presse française et Ă©trangĂšre, se dĂ©chaĂźne et dĂ©clenche des polĂ©miques avec lettres d’insultes et menaces de mort. Quelques mois plus tard, en aoĂ»t 1930,le CongrĂšs de l’Union Internationale contre la Tuberculose  maintient leur confiance au BCG. 1932, le ProcĂšs du BCG se dĂ©roule Ă  Lubeck, le 6 fĂ©vrier 1932, le tribunal conclut que « la tragĂ©die de Lubeck n’avait pas Ă©tĂ© provoquĂ© par un retour Ă  la virulence du BCG et que la souche de BCG avait Ă©tĂ© souillĂ©e au laboratoire de Lubeck Â». Le BCG subissait malgrĂ© tout un vĂ©ritable prĂ©judice.

Calmette sortira fatiguĂ© de cette histoire et le jeudi 26 octobre 1933, Albert Calmette se trouve mal et dĂ©cĂšdera le dimanche 29 octobre 1933 dans son appartement de l’Institut Pasteur de Paris. Quelques jours plus tard, le Docteur Emile Roux directeur de l’Institut Pasteur dĂ©cĂšdera Ă  l’ñge de 80 ans mais avant de mourir, il demanda Ă  ce que l’Institut Pasteur laisse Ă  la disposition de me Calmette, l’appartement du couple. Albert Calmette se fera inhumĂ© Ă  Jouy en Josas dans la propriĂ©tĂ© qu’il avait restaurĂ© qui avait Ă©tĂ© offert par la sƓur de l’écrivain Paul Bourget Ă  l’Institut Pasteur. Emilie Calmette, son Ă©pouse dĂ©cĂšdera en 1966 et sera inhumĂ© avec son mari.


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