Les 11 points communs entre Tuberculose et Covid19

L’agent pathogĂšne SARS-CoV-2 est un nouveau coronavirus dĂ©couvert rĂ©cemment et il est responsable de la maladie Ă  coronavirus 2019 (ou la COVID-19).
La TUBERCULOSE (TB) est causĂ©e par une bactĂ©rie, Mycobacterium tuberculosis, dĂ©couverte en 1882 par le Dr Robert Koch, mĂȘme si l’on sait que cette maladie affecte l’ĂȘtre humain depuis des milliers d’annĂ©es

COVID-19 et TB: foire aux questions.pdf (Version française, 25 mars 2020 © www.theunion.org).

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1 – Quels sont les points communs entre la COVID-19 et la Tuberculose?

La tuberculose se transmet par voie aĂ©rienne, ce qui signifie qu’elle peut infecter l’ĂȘtre humain par inhalation. Le bacille de la tuberculose, ou bacille de Koch, peut survivre dans l’air pendant 6 heures maximum, mais sa concentration diminue par la circulation de l’air (fenĂȘtres ouvertes, espaces bien ventilĂ©s) et l’exposition directe Ă  la lumiĂšre du soleil, qui peut le tuer. L’inhalation du bacille de Koch pouvant entraĂźner une infection, ĂȘtre en contact rapprochĂ© avec une personne qui souffre de la tuberculose et qui prĂ©sente notamment des symptĂŽmes tels quel la toux augmente le risque d’infection.

Il a Ă©tĂ© Ă©tabli que le SARS-CoV-2 se propage par gouttelettes respiratoires et non par voie aĂ©rienne. Lorsqu’une personne tousse ou Ă©ternue, les gouttelettes respiratoires contenant le SARS-CoV-2 se diffusent aussitĂŽt dans l’air. La transmission infectieuse peut donc s’effectuer de deux maniĂšres : en inhalant le virus contenu dans des gouttelettes respiratoires projetĂ©es dans l’air, ou en touchant des surfaces sur lesquelles des gouttelettes infectĂ©es se sont dĂ©posĂ©es. Les donnĂ©es dont nous disposons indiquent que le SARS-CoV-2 peut survivre sur des surfaces pendant quelques heures. C’est la raison pour laquelle l’accent a Ă©tĂ© mis sur le lavage des mains, qui permet d’éliminer le virus si l’on a touchĂ© une surface infectĂ©e. C’est aussi pourquoi on recommande aux personnes de se toucher au minimum le visage, en particulier la bouche, le nez et les yeux, qui peuvent servir de point d’entrĂ©e pour le reste de l’organisme.

Pour mesurer la contagiositĂ© d’un agent pathogĂšne, on se rĂ©fĂšre habituellement Ă  son taux de reproduction (R0) qui dĂ©crit la transmission d’une maladie infectieuse. La valeur R indique Ă  combien d’autres personnes un individu infectĂ© peut transmettre la maladie.

Si de nouvelles donnĂ©es relatives au SARS-CoV-2 continuent d’ĂȘtre collectĂ©es, les premiers Ă©lĂ©ments indiquent que le taux de reproduction de base (R0) est de 2,2. Cela signifie que chaque personne porteuse du COVID-19 peut transmettre l’infection Ă  2,2 autres individus en moyenne. Le R0 de la TB (tuberculose) dans les pays les moins touchĂ©s peut ĂȘtre infĂ©rieur Ă  1, ce qui laisse peu de chances de contaminer les autres. Mais dans les pays et rĂ©gions Ă  faible revenu et Ă  forte prĂ©valence de tuberculose, le R0 a pu atteindre 4,3 (Chine, 2012) et 3,55 (sud de l’Inde, 2004 Ă  2006). Le R0 de la tuberculose est variable car il dĂ©pend Ă©galement d’autres facteurs tels que les conditions environnementales et la santĂ© de la population. Ainsi, le R0 de la tuberculose est plus Ă©levĂ© dans les rĂ©gions les plus touchĂ©es par la tuberculose, la promiscuitĂ© et des facteurs de risque comme la malnutrition et le VIH.

Une fois qu’une personne a inhalĂ© le bacille de Koch, plusieurs variables peuvent influer sur le risque d’entraĂźner l’infection tuberculeuse puis l’évolution vers la maladie proprement dite. Il s’agit des facteurs suivants :

  • l’ñge (les jeunes enfants de moins de cinq ans et les personnes de plus de 60 ans sont plus touchĂ©s),
  • l’immunosuppression due par exemple au VIH ou Ă  une grave malnutrition,
  • l’existence de comorbiditĂ©s, comme le diabĂšte,
  • le tabagisme ou une forte consommation d’alcool.

Ces variables peuvent augmenter le risque de contracter une forme grave de tuberculose et accroßtre les risques de complications, voire de décÚs, lors du traitement.

Concernant le COVID-19, le risque de dĂ©velopper la maladie n’est pas encore connu avec certitude, mais les donnĂ©es actuelles suggĂšrent que l’ñge avancĂ© et les comorbiditĂ©s, telles que l’hypertension, le diabĂšte et les maladies coronariennes sont d’importants facteurs de risque pouvant diminuer les chances de guĂ©rison. On ne sait pas encore avec certitude si des comorbiditĂ©s respiratoires comme la tuberculose ou d’autres infections comme le VIH peuvent aggraver la COVID-19 en cas d’infection par le SARS-CoV-2, mais il est de plus en plus avĂ©rĂ© que les antĂ©cĂ©dents respiratoires chroniques entravent le traitement du COVID-19

Le COVID-19 et la tuberculose entraĂźnent tous deux des symptĂŽmes respiratoires – notamment la toux et l’essoufflement. Tous deux provoquent fiĂšvre et fatigue. L’une des principales diffĂ©rences est la vitesse d’apparition des symptĂŽmes. Ceux de la tuberculose n’apparaissent pas immĂ©diatement aprĂšs l’infection, mais progressivement, souvent aprĂšs une pĂ©riode de plusieurs semaines ou plus, au contraire de la COVID-19, dont les symptĂŽmes se ressentent au bout de quelques jours.

Avec la tuberculose, il y a gĂ©nĂ©ralement une pĂ©riode pendant laquelle la personne est en bonne santĂ© et ne contamine pas les autres, bien que la bactĂ©rie soit prĂ©sente dans son organisme. Cette pĂ©riode correspond au stade de l’infection tuberculeuse (encore appelĂ©e tuberculose latente), susceptible d’évoluer ensuite vers la tuberculose maladie. Ainsi, une personne inhalant le bacille de Koch peut : tomber malade au bout de quelques
semaines (notamment en raison d’un systĂšme immunitaire affaibli) ; tomber malade au bout de plusieurs annĂ©es lorsque le systĂšme immunitaire affaibli ne peut plus combattre l’infection ; ou rester infectĂ©e sans jamais tomber malade. (Pour en savoir plus sur l’infection tuberculeuse, L’Union propose un cours en ligne en libre accĂšs en
anglais, bientÎt disponible en français et en espagnol).

À l’heure actuelle, les symptĂŽmes du COVID-19 peuvent apparaĂźtre entre 2 et 14 jours aprĂšs l’infection (s’ils apparaissent), avec une pĂ©riode d’incubation moyenne de 5 jours, comme pour le SRAS. On ignore pour l’instant s’il y a une pĂ©riode de latence pour le SARS-CoV-2.


Comparaison entre la TuBerculose et la COVID-19

Maladie
Tuberculose
COVID-19
Mode de propagation
Par voie aérienne.
Par gouttelettes respiratoires.
Mode de dépistage
Échantillons d’expectoration sur les personnes qui toussent.
Autres échantillons en fonction des symptÎmes.
PrĂ©lĂšvement de cellules nasales et/ou Ă©chantillons d’expectoration.
Agent pathogĂšne
Complexe Mycobacterium tuberculosis.
SARS-CoV-2 (Severe
acute respiratory syndrome coronavirus 2).
Contagiosité
De moins d’une personne Ă  4 personnes infectĂ©es par malade de la TB.
2,2 personnes infectĂ©es en moyenne par malade de la COVID-19 d’aprĂšs les chiffres actuels.
Mesures de prévention
Traitement prĂ©ventif de la TB pour les sujets contacts et bonnes mesures d’hygiĂšne respiratoire.
Distanciation sociale, bonnes mesures d’hygiùne respiratoire et lavage des mains au savon pendant au moins 20 secondes.
Traitement
Antibiotiques. TB pharmacosensible : 4 antibiotiques pendant 6 mois. TB pharmacorésistante: antibiotiques pendant 9 à 24 mois.
Traitements symptomatiques
actuellement. Nombreux essais cliniques en cours.
Vaccin
Le BCG a une efficacité, en particulier sur les enfants de moins de 5 ans
Aucun
Comparaison entre la TB (TuBerculose) et la COVID-19

2 – Quel est le taux de mortalitĂ© de la COVID-19 comparĂ© Ă  la Tuberculose?

Les donnĂ©es disponibles sur le COVID-19 Ă©voluent chaque jour (voir le tableau de bord de l’OMS pour les chiffres en temps rĂ©el), et le nombre de dĂ©cĂšs dus Ă  la maladie augmente chaque jour. Environ 1,5 million de personnes ont succombĂ© Ă  la tuberculose en 2018, dont plus de 250 000 personnes sĂ©ropositives. Le nombre de dĂ©cĂšs quotidiens dus Ă  la TB s’élĂšve donc Ă  plus de 4 000.

Le taux de mortalitĂ© dĂ©termine la frĂ©quence de dĂ©cĂšs au sein d’une population donnĂ©e et dans un intervalle donnĂ©. Avec une maladie rĂ©cente comme la Covid19, de nombreux facteurs font que les taux de mortalitĂ© ne sont pas fiables Ă  ce stade. Il se peut que les taux de mortalitĂ© estimĂ©s pour la Covid19 soient imprĂ©cis car on ignore le nombre exact de cas. Cela est dĂ» aux cas non signalĂ©s et aux personnes non dĂ©pistĂ©es car prĂ©sentant des symptĂŽmes discrets ou minimes. Autant de personnes non comptabilisĂ©es dans le nombre total de cas confirmĂ©s, ce qui complique le calcul des taux de mortalitĂ©. Selon certaines estimations, les taux de mortalitĂ© pour la Covid19 s’établissent entre 1,5 et 20 %, 20 % Ă©tant le taux maximal estimĂ© pour le foyer de l’épidĂ©mie Ă  Wuhan (Chine). La tuberculose non traitĂ©e prĂ©sente quant Ă  elle un taux de mortalitĂ© moyen de 45 %. Toutefois, la tuberculose n’est pas seulement Ă©vitable mais guĂ©rissable, et le taux de guĂ©rison global Ă©tabli par l’OMS pour les personnes ayant entamĂ© un traitement antituberculeux en 2018 s’élevait Ă  85 %. 

Techniquement, la tuberculose est donc plus mortelle que la Covid19, mĂȘme s’il faut tenir compte d’autres facteurs de risque, notamment l’ñge, le statut sĂ©rologique et la qualitĂ© du systĂšme immunitaire. Le taux de mortalitĂ© des personnes ayant dĂ©veloppĂ© une tuberculose active non traitĂ©e est bien plus Ă©levĂ© que pour les projections les plus hautes de la Covid19. C’est pourquoi il est essentiel de prĂ©venir et de traiter la tuberculose. L’avantage avec la tuberculose est qu’il existe des traitements efficaces, y compris contre les formes de tuberculose pharmacorĂ©sistante. Il existe Ă©galement des traitements de l’infection tuberculeuse qui permettent d’éviter aux personnes infectĂ©es de dĂ©velopper la tuberculose maladie. 

Il n’y a pas encore de consensus sur la co-infection tuberculose et Covid19, mais il est possible que les deux maladies puissent accentuer rĂ©ciproquement leurs symptĂŽmes naturels et avoir des consĂ©quences nĂ©gatives sur la santĂ© des personnes. 


3. Je prends un traitement antituberculeux. Y a-t-il des conseils ou recommandations à suivre pour savoir ce que doit faire une personne sous traitement antituberculeux en cas d’infection par la Covid19? 

Il n’existe pas Ă  l’heure actuelle de traitement pour guĂ©rir de la Covid19, et cette maladie se soigne actuellement en soulageant les symptĂŽmes. Un essai thĂ©rapeutique de grande ampleur, baptisĂ© SOLIDARITY, permettra peut-ĂȘtre d’en savoir plus sur les traitements disponibles pour soigner la Covid19, et de nombreux autres essais cliniques sont menĂ©s en parallĂšle. Il n’existe actuellement aucun vaccin pour se protĂ©ger de la Covid19. 

Si vous ressentez de lĂ©gers symptĂŽmes apparentĂ©s Ă  ceux de la Covid19, il est important de continuer Ă  suivre votre traitement antituberculeux pour guĂ©rir totalement de votre maladie. Il n’existe actuellement aucune preuve selon laquelle les mĂ©dicaments antituberculeux augmenteraient le risque de dĂ©velopper le COVID- 19. 

En cas de diagnostic positif au Covid19, informez votre prestataire de santĂ© que vous suivez un traitement antituberculeux et prĂ©venez votre centre de soins de la tuberculose. Si vous entamez un traitement contre la Covid19, votre prestataire de santĂ© peut procĂ©der Ă  des vĂ©rifications pour s’assurer qu’il n’y a pas de conflit avec d’autres mĂ©dicaments. 


4. Quels sont les symptÎmes spécifiques permettant de savoir si je souffre de la tuberculose ou de la Covid19, compte tenu de leurs similitudes? 

Comme Ă©voquĂ© plus haut, les symptĂŽmes de la Covid19 peuvent ĂȘtre similaires Ă  ceux de la tuberculose, avec notamment de la fiĂšvre, de la toux et un essoufflement, mais la diffĂ©rence rĂ©side dans la vitesse d’apparition des symptĂŽmes. Les symptĂŽmes de la Covid19 n’ont pu apparaĂźtre que rĂ©cemment. 

Si vous entrez en contact avec un porteur avĂ©rĂ© de la tuberculose ou de la Covid19, cela augmente vos chances de contracter cette maladie. De plus, si vous avez voyagĂ© dans une rĂ©gion oĂč les taux de tuberculose ou de Covid19 sont Ă©levĂ©s, cette information peut aider votre prestataire de santĂ© Ă  dĂ©terminer la cause de vos symptĂŽmes. 

Si vous vous sentez mal, que vous prĂ©sentez les symptĂŽmes ci-dessus, que vous connaissez une personne positive Ă  la tuberculose ou au Covid19, que vous avez voyagĂ© dans une rĂ©gion particuliĂšrement touchĂ©e par ces maladies et/ou que vous prĂ©sentez des facteurs de risque pour l’une ou l’autre d’entre elles, comme indiquĂ© ci-dessus, il est important que vous fassiez un dĂ©pistage Ă  la fois pour la tuberculose et la Covid19. Lorsque vous vous rendez dans votre centre de soins, informez le personnel soignant de vos symptĂŽmes et de tout facteur de risque potentiel pour la tuberculose ou la Covid19. Cela aidera les soignants Ă  appliquer les bonnes mesures de prĂ©vention et de contrĂŽle des infections en attendant le diagnostic. (La prĂ©vention de l’infection ou le contrĂŽle de l’infection permettent d’empĂȘcher les infections de se propager. Cela renvoie Ă  des gestes tels que le lavage de mains, la distanciation avec des personnes malades et le port d’accessoires comme des masques ou des gants.) 

Les tests de dĂ©pistage de la tuberculose consistent habituellement Ă  analyser des Ă©chantillons d’expectorations afin d’isoler la bactĂ©rie de la maladie. Les tests de la Covid19 consistent soit Ă  prĂ©lever des cellules nasales profondes Ă  l’aide d’un Ă©couvillon, soit Ă  analyser des Ă©chantillons d’expectoration. En cas de symptĂŽmes respiratoires, une radiographie des poumons peut ĂȘtre prescrite pour affiner le diagnostic ou dĂ©terminer la gravitĂ© de la maladie. 

Dans les pays à forte incidence de tuberculose, il est essentiel que la population continue de bénéficier de tests de dépistage de la tuberculose parallÚlement aux tests conduits pour le SARS-CoV-2 conformément aux directives nationales. 


5. J’ai guĂ©ri de la tuberculose. Ai-je plus de risques de contracter la Covid19? 

la Covid19 Ă©tant une maladie trĂšs rĂ©cente, il n’existe pas de donnĂ©es permettant de savoir si les anciens patients de la tuberculose sont plus susceptibles de connaĂźtre des complications. Toutefois, la Covid19 s’attaque aux poumons, et nous savons que la tuberculose laisse gĂ©nĂ©ralement des sĂ©quelles dans les poumons, ce qui peut favoriser le risque de dĂ©velopper des formes plus graves de Covid19. 

Les personnes qui ont dĂ©jĂ  eu la tuberculose, en particulier celles qui ont subi une opĂ©ration des poumons ou qui ont souffert d’une maladie respiratoire consĂ©cutive Ă  la tuberculose, devraient envisager de limiter leur exposition aux environnements Ă  haut risque. Cela dĂ©pend de la situation sanitaire de votre pays et du risque que la Covid19 

puisse circuler parmi votre entourage. Voici les mesures de protection essentielles contre la Covid19: 

  • Se laver frĂ©quemment les mains avec une solution hydroalcoolique ou Ă  l’eau et au savon.
  • Distanciation sociale – Maintenir une distance d’au moins 1 mĂštre avec les autres personnes, en particulier si elles toussent ou Ă©ternuent. 
  • Respecter les rĂšgles d’hygiĂšne respiratoire en se couvrant la bouche et le nez avec le pli du coude ou avec un mouchoir en cas de toux ou d’éternuement, puis jeter le mouchoir immĂ©diatement. 
  • Éviter de se toucher les yeux, le nez et la bouche. 

Outre le lavage rĂ©gulier des mains, le nettoyage rĂ©gulier des surfaces et la distanciation sociale, le maintien d’une bonne santĂ© gĂ©nĂ©rale contribue Ă  se protĂ©ger du virus. Il a Ă©tĂ© dĂ©montrĂ© que le tabagisme (notamment les cigarettes classiques, le vapotage et les cigarettes Ă©lectroniques) augmente le risque de dĂ©velopper une forme plus grave de Covid19. Si vous consommez des produits du tabac, il est conseillĂ© d’arrĂȘter – cela contribuera non seulement Ă  vous protĂ©ger des formes graves de Covid19, mais Ă©galement Ă  prĂ©server votre santĂ© respiratoire globale et Ă  vous prĂ©munir de la tuberculose. 


6. Dois-je porter un masque? 

Le port du masque constitue un obstacle Ă  la propagation de la tuberculose et de la Covid19, car il empĂȘche leur diffusion dans l’air par les personnes prĂ©sentant des symptĂŽmes, et Ă©vite leur inhalation chez les personnes saines exposĂ©es Ă  des porteurs. 

Les masques sont employĂ©s depuis de nombreuses annĂ©es dans la prĂ©vention et le contrĂŽle de la tuberculose pour rĂ©duire le risque de propagation de la maladie parmi la famille des personnes infectĂ©es, leur communautĂ© et leurs soignants. Dans la mesure oĂč il existe des traitements efficaces contre la tuberculose, le risque d’infecter les autres diminue rapidement une fois que la personne infectĂ©e suit un traitement adaptĂ©, et le port du masque s’avĂšre gĂ©nĂ©ralement superflu. 

Concernant la Covid19, l’OMS recommande de porter un masque si l’on prĂ©sente des symptĂŽmes, mais n’incite pas les personnes en bonne santĂ© Ă  en porter un de maniĂšre gĂ©nĂ©rale. En Chine, l’expĂ©rience a dĂ©montrĂ© que le port volontaire du masque chez les personnes en bonne santĂ© et asymptomatiques peut contribuer Ă  freiner la propagation de la Covid19. 

Le port du masque fait partie d’un ensemble de mesures de prĂ©vention et de contrĂŽle de l’infection, mais seul, son impact sur la transmission de la tuberculose ou de la Covid19 est minime. Si vous vous trouvez dans une situation Ă  risque ou une zone touchĂ©e (par la tuberculose ou la Covid19), le port du masque ajoutĂ© Ă  un lavage des mains rĂ©gulier, Ă  la distanciation sociale et Ă  la vigilance en cas de toux peut contribuer Ă  une protection accrue. 


7. Comment la situation actuelle va-t-elle impacter les programmes de lutte contre la tuberculose? 

Les pays peuvent se rĂ©fĂ©rer aux directives relatives Ă  la prise en charge de la tuberculose dans les situations d’urgence pour assurer la continuitĂ© des services de lutte contre la maladie. Il est essentiel que les services nationaux de lutte contre la tuberculose soient maintenus et que les patients de la maladie puissent accĂ©der aux services de diagnostic, de traitement et d’accompagnement durant l’épidĂ©mie de la Covid19. Compte tenu des consĂ©quences de la Covid19 dans les pays enregistrant une forte augmentation du nombre de cas, la lutte contre la tuberculose peut ĂȘtre impactĂ©e de plusieurs façons. 

  • Les personnels des programmes nationaux de lutte contre la tuberculose peuvent ĂȘtre mobilisĂ©s au profit de la lutte contre la Covid19, ce qui peut entraĂźner des manques d’effectifs et une augmentation des charges de travail. 
  • Il est possible que les services de laboratoire et de diagnostic nationaux consacrent leurs activitĂ©s en prioritĂ© au Covid19, ce qui peut retarder les analyses en laboratoire telles que les tests molĂ©culaires rapides et les cultures, ou rĂ©duire les possibilitĂ©s de radiographie des poumons. 
  • Des ruptures de stock de mĂ©dicaments et des problĂšmes d’approvisionnement peuvent survenir. L’affaiblissement des rĂ©seaux logistiques Ă  l’échelle mondiale et les perturbations observĂ©es dans les pays fabriquant des mĂ©dicaments antituberculeux sont susceptibles de retarder la chaĂźne d’approvisionnement. En cas de saturation des systĂšmes de santĂ© ou de sous-effectifs, la gestion des stocks peut ĂȘtre relĂ©guĂ©e au second plan. 
  • Les mesures de distanciation sociale et de confinement national peuvent entraver le suivi des traitements et la recherche des sujets contacts. 

Les programmes nationaux de lutte contre la tuberculose, l’OMS, les donateurs et les partenaires d’exĂ©cution doivent travailler en concertation pour planifier ces risques et dĂ©ployer des stratĂ©gies adaptĂ©es Ă  cet effet. 

L’OMS a publiĂ© la note d’information suivante relative aux services de soins de la tuberculose et de la Covid19 (en anglais). 


8. Dois-je constituer des stocks de médicaments antituberculeux? 

L’approvisionnement mondial de mĂ©dicaments suscite des inquiĂ©tudes. À l’heure actuelle, aucun mĂ©dicament antituberculeux de premiĂšre ligne n’est utilisĂ© dans la prise en charge de la Covid19, et il n’est aucunement prĂ©vu de prescrire ces mĂ©dicaments aux personnes atteintes de la Covid19. Les pays les plus touchĂ©s par la tuberculose doivent renforcer leur systĂšme de gestion des approvisionnements pour garantir la fourniture des mĂ©dicaments antituberculeux, et commander des nouveaux mĂ©dicaments en temps utile pour Ă©viter les ruptures de stock. Les agences internationales d’approvisionnement, Ă  l’image du Global Drug Facility (GDF) du Partenariat Halte Ă  la tuberculose, travaillent avec les États pour veiller Ă  ce que les chaĂźnes d’approvisionnement en antituberculeux ne soient pas impactĂ©es. 

Si vous ĂȘtes sous traitement antituberculeux, vous devez continuer Ă  prendre vos mĂ©dicaments en respectant votre prescription et maintenir vos rendez-vous avec votre prestataire de soins pour renouveler votre prescription. Vu l’évolution rapide de l’épidĂ©mie de la Covid19, il serait utile d’évoquer, lors de votre prochain rendez-vous avec votre prestataire de soins, l’opportunitĂ© d’anticiper le renouvellement de votre prescription dans l’hypothĂšse oĂč des mesures nationales de confinement sont mises en place. 


9. Quelles alternatives s’offrent pour permettre aux personnes sous traitement antituberculeux de continuer Ă  bĂ©nĂ©ficier de l’accompagnement et de la supervision nĂ©cessaires si le traitement directement observĂ© (TDO) est limitĂ© en raison des mesures de distanciation sociale et de confinement national? 

La distanciation sociale est une mesure appliquĂ©e par les autoritĂ©s sanitaires pour endiguer ou stopper la propagation d’une maladie, notamment pour permettre aux systĂšmes de santĂ© de continuer Ă  assurer les soins indispensables aux personnes souffrantes. Concernant la distanciation sociale, il est conseillĂ© de maintenir une distance d’au moins un mĂštre avec les autres personnes afin de limiter la propagation de la Covid19, ce qui a conduit de nombreux pays dans le monde entier Ă  annuler des Ă©vĂ©nements et rassemblements de grande ampleur. 

Dans beaucoup de programmes de lutte contre la tuberculose, l’observation quotidienne des patients sous traitement fait partie intĂ©grante du schĂ©ma thĂ©rapeutique. Lorsque l’observation quotidienne du traitement est appliquĂ©e, celle-ci doit servir non seulement Ă  contrĂŽler le respect du traitement, mais aussi Ă  constater les Ă©ventuels effets secondaires ou problĂšmes liĂ©s au traitement et Ă  offrir un accompagnement Ă  la personne atteinte de tuberculose. 

Alors que la Covid19 continue de se propager, il faudra peut-ĂȘtre reconsidĂ©rer les modĂšles de soin qui mettent les soignants en contact rapprochĂ© rĂ©gulier avec les patients, notamment si des mesures de confinement national sont adoptĂ©es. Il existe des alternatives au TDO, telles que le traitement auto-administrĂ© qui prĂ©voit un accompagnement par des plateformes numĂ©riques de traitement par vidĂ©osurveillance et d’autres dispositifs mobiles comme 99DOTS. Il est de plus en plus avĂ©rĂ© que ces alternatives, lorsqu’elles sont intĂ©grĂ©es Ă  un ensemble de soins complet, peuvent obtenir les mĂȘmes rĂ©sultats que le TDO et constituent souvent une approche thĂ©rapeutique davantage centrĂ©e sur le patient. Bien que la mise en Ɠuvre de ces systĂšmes soit parfois longue et nĂ©cessite l’utilisation de technologies numĂ©riques/mobiles, les programmes de lutte contre la tuberculose avec un grand nombre de personnes sous TDO devraient examiner les options rapidement applicables, notamment en privilĂ©giant le TDO pour les malades ayant besoin d’un accompagnement plus soutenu et en faisant passer la majoritĂ© des autres patients sous traitement auto-administrĂ©. 

Dans l’éventualitĂ© oĂč le TDO devait ĂȘtre suspendu prĂ©cipitamment Ă  la suite de mesures de confinement national, il est essentiel que les programmes nationaux de lutte contre la tuberculose prĂ©voient un dispositif permettant de continuer Ă  accompagner les personnes sous traitement antituberculeux, pour veiller Ă  ce que les effets secondaires des mĂ©dicaments puissent ĂȘtre soulagĂ©s et soutenir les personnes en difficultĂ© sociale ou psychologique. 


10. On lit beaucoup de choses sur de nouveaux traitements et de nouvelles façons de se protĂ©ger contre la Covid19. Comment dĂ©mĂȘler le vrai du faux?

Le SARS-CoV-2 est un virus extrĂȘmement rĂ©cent et nous apprenons tous les jours de nouvelles choses sur son mode de propagation, les moyens de s’en protĂ©ger et les traitements prĂ©ventifs et thĂ©rapeutiques potentiels. La meilleure façon de vĂ©rifier les informations que vous lisez ou qui sont partagĂ©es est de consulter des sites Internet fiables. L’OMS met Ă  jour quotidiennement son site avec des informations sur tous les aspects relatifs au Covid19. Le site des Centres pour le contrĂŽle et la prĂ©vention des maladies aux États-Unis propose Ă©galement des informations rĂ©guliĂšrement actualisĂ©es sur la Covid19 (en anglais). Ces sites web sont des sources fiables concernant l’état actuel des connaissances sur la Covid19. 


11. Comment puis-je rĂ©duire la stigmatisation liĂ©e Ă  la Covid19 et à d’autres maladies transmissibles? 

Notre expĂ©rience de la tuberculose nous a enseignĂ© les consĂ©quences de la stigmatisation sur les personnes malades ou Ă  risque, ainsi que l’importance du langage que nous utilisons pour dĂ©crire la tuberculose. Nous avons constatĂ© l’usage d’un mĂȘme langage stigmatisant, notamment par les mĂ©dias, lorsqu’il s’agit de parler des personnes atteintes de la Covid19. Il est important que nous tenions compte des ConsidĂ©rations liĂ©es Ă  la santĂ© mentale et au soutien psychosocial publiĂ©es par l’OMS, qui reflĂštent bon nombre des leçons apprises dans le domaine de la tuberculose afin de rĂ©duire la stigmatisation des personnes touchĂ©es par la Covid19. 

La stigmatisation peut ĂȘtre l’un des plus grands obstacles Ă  la prĂ©vention, au traitement et au soin des personnes qui en ont le plus besoin, et peut avoir des consĂ©quences nĂ©gatives sur les personnes atteintes de la maladie, ainsi que sur leurs soignants, leur famille, leurs amis et leur communautĂ©. Il est important de dĂ©signer le virus par son nom, et non par son lieu d’origine ou par la rĂ©gion initialement touchĂ©e par le virus. Le langage centrĂ© sur la personne est un langage qui respecte et valorise l’humain, en plaçant la personne avant la maladie. Par exemple, dites « personne atteinte de Covid19 » ou « personne prĂ©sentant des symptĂŽmes de Covid19 » au lieu d’employer des expressions comme « victimes de Covid19 » ou « cas suspects ». Le langage que nous utilisons façonne notre comprĂ©hension de la situation, et il est essentiel que nous Ă©vitions de blĂąmer les autres ou d’ostraciser une personne qui pourrait ĂȘtre malade. Lire les directives linguistiques de l’OMS sur la stigmatisation(en anglais) pour en savoir plus.


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